Plume d’auteur

 

Hors du nid


Il reste encore quelques groseilles, mais il n’y a plus de cerises ni de framboises.

Aujourd’hui, je les ai entendus pour la première fois. Ils sont nés, j’ai perçu quelques petits appels. Leur père ne cesse d’aller, de venir, il entre dans ce buisson, je les entends, ils sont au moins cinq ou six, il ressort du buisson, chaque fois par un autre côté. Silence. Retour. Cris de joie. Départ. Silence. Retour…

Le soleil va se coucher d’ici une heure ou deux. Surtout, ne pas les déranger. Leur mère aussi s’agite discrètement. Quelle merveilleuse petite cache pour cette famille nombreuse. Seules quelques feuilles bougent par moment, comme si le vent les soufflait. Le buisson vit depuis plusieurs semaines, mais aujourd’hui bien plus qu’hier.

 

Ce soir, dans la lumière orange, j’ai vu un dinosaure. Couché sur le chemin. Il était mort. Sa tête avait la taille d’une perle, son œil était fermé, il avait un minuscule bec gris. Ses deux petites mains pendaient, et il était maigre.

Je me demande si ce sont ses parents qui l’ont écarté du nid familial. Et pourquoi.